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24 févr. 2009

Faribole: Chapitre 4





PRINCESSE UN PEU RONCHON

CHECHE COMME COMPAGNON

UN TOUT PETIT DRAGON





La princesse Faribole envoya cette nouvelle petite annonce avec une lettre demandant le retrait de son annonce précédente. Elle tenait à s'assurer que plus aucun dragon adulte ne viendrait terroriser la population du royaume. Elle-même avait eu bien trop peur!



Elle attendit des semaines, mais aucune réponse ne lui parvint.

La princesse Faribole était de plus en plus triste. Elle rêvait tellement de son bébé dragon qu'elle ne pouvait pas imaginer d'autre annonce à passer dans le journal. Elle se sentait de plus en plus seule, tant elle avait imaginé la compagnie de « son » dragon. Elle n'avait même plus le cœur à jouer des tours aux domestiques qui venaient lui apporter à manger...



Un soir comme les autres, elle s'endormit en serrant un dragon en peluche dans ses bras. A peine avait-elle fermé les yeux qu'elle se mit à rêver de dragons. Mais au lieu de ses rêves habituels, elle rêva d'un bébé dragon rouge et blanc, et de la dragonne blanche qui était venue au château. Elle eut l'impression que celle-ci était toute proche, et qu'elle lui caressait la joue de ses naseaux fumants. C'était un de ses plus beaux rêves, un des plus réels...



Au petit matin, elle chercha à se souvenir de ce dont elle avait rêvé, mais tout était flou. Encore dans un demi-sommeil, elle se frotta les yeux et s'assit au bord du lit pour mettre ses chaussons. Elle se leva et fit quelques pas avec les yeux à moitié fermés, mais se cogna dans quelque chose. Elle fit un effort monumental pour ouvrir les yeux et se réveiller, car elle ne se rappelait pas avoir posé quoi que ce soit à côté de son lit. Et là elle vit...



… un œuf! Un œuf énorme, d'un blanc irisé nervuré de lignes rouges. Et à côté, une écaille d'un blanc brillant, qu'elle aurait reconnu entre mille. C'était une écaille de sa dragonne, si belle et si lumineuse... Alors... Elle lui avait apporté un œuf, son œuf! La princesse Faribole se pencha sur cet étrange cadeau pour l'observer. Elle reconnut le rouge du dragon qui l'avait terrifiée, et l'œuf était plus chaud que l'air ambiant. Elle fit d'énormes efforts pour le soulever, et le posa devant la cheminée. Elle passa les deux jours suivants à guetter tout signe de mouvement à l'intérieur de l'œuf, et à chercher dans la grande bibliothèque du roi tous les livres qui parlaient de dragons.



Au matin du troisième jour, elle fut réveillée par un bruit inaccoutumé. Elle se dépêcha d'ouvrir les yeux aussi grand que possible, juste à temps pour voir l'œuf se fissurer. La princesse Faribole trépignait d'impatience: elle finit par saisir délicatement deux bouts de la coquille pour les écarter et aider la petite créature. Ce qu'elle vit fit sauter son cœur dans sa poitrine: elle avait bien un bébé dragon devant les yeux! Un minuscule bébé dragon rouge et blanc, aux ailes toutes fripées collées contre son corps, et aux yeux encore fermés. Elle le prit dans ses bras, saisit un biberon au lait et au piment, et commença à s'occuper de son nouveau compagnon.



Les premiers mois avec le bébé dragon furent absolument magiques. La princesse Faribole vit le bébé dragon grandir progressivement et l'apprivoisa tant et si bien qu'il la suivait partout, comme un bébé chien très bien dressé. Tout le monde à la cour s'était habitué au bébé dragon de la princesse Faribole, et personne n'en avait peur. Pour être honnête, les gens étaient surprenamment heureux; la princesse était tellement occupée à s'occuper de l'éducation de son dragon qu'elle n'avait pas le temps d'embêter les habitants de la cour!



Les mois suivants furent tout aussi fantastiques. Plus le dragon grandissait, plus il pouvait accompagner la princesse hors du donjon. Elle lui fit découvrir les parcs du royaume, les lacs et les prairies. Au début, elle le portait dans ses bras, mais très vite, il put courir à ses côtés et tous deux s'amusaient à faire la course au milieu des herbes folles. Ils se roulaient sur le flanc de la colline, s'amusaient à effrayer les gens en poussant de grands cris en les prenant par surprise, ou éclaboussaient tous ceux qui s'approchaient trop près de la fontaine...



Vint le jour où le jeune dragon put enfin déployer ses ailes marbrées. Il volait aux côtés de la princesse au lieu de courir à ses côtés, s'amusait à faire des loopings au dessus de sa tête, et crachait de petites flammèches pour la faire rire.



Mais le jour le plus magique fut celui où il put la prendre sur son dos. Elle découvrit un monde absolument magique: tout était différent vu du ciel! Tout était si beau!



Plus le dragon grandissait, plus ils pouvaient faire de choses ensemble. Il prenait la princesse sur son dos et lui faisait survoler le royaume lorsqu'ils avaient tous deux envie d'aventures. D'autres jours, ils s'amusaient à faire des loopings et à bombarder les gens au-dessous d'eux avec des bombes à eau, où ils passaient en rase-motte juste à côté de ceux qui ne s'y attendaient pas. C'était extraordinaire. Ils s'entendaient à merveille, et étaient toujours d'accord sur tout.



Ils passèrent ainsi plusieurs années merveilleuses. Mais petit à petit, même s'ils n'auraient jamais voulu l'avouer, ils grandirent... ils se lassèrent de jouer toujours aux mêmes jeux, et de faire toujours les mêmes choses...

Alors, pour la première fois depuis très longtemps, la princesse Faribole prit la plume et écrivit...

16 févr. 2009

Faribole: Chapitre 3.

PRINCESSE EXTRAORDINAIRE
CHERCHE COMME COMPAGNON
UN AMI LEGENDAIRE...

A nouveau, la princesse Faribole guetta sa boîte aux lettres. Elle espérait de tout cœur avoir une réponse: cette fois, elle ne s'était pas trompée, elle en était sûre. Les dragons étaient les plus belles de toutes les créatures, les plus fortes, les plus majestueuses... Avec un dragon, elle pourrait faire ce qu'elle voudrait. Et ce n'était pas un dragon qui voudrait jouer à la dînette ou qui cacherait des grenouilles dans son lit!

Un jour passa, puis deux, puis une semaine... La princesse Faribole n'osait plus y croire.
C'est alors qu'elle reçut une lettre pliée, dont les bords noircis avaient été découpés comme de la dentelle par des flammes à l'évidence magiques. Un dragon! C'était un dragon! Un dragon lui avait répondu!
Et en effet, la lettre venait d'un dragon! Ou plutôt, une dragonne...

Car c'est bien une dragonne qui avait répondu à la princesse Faribole. Celle-ci arriva quelques jours plus tard, et se posa directement sur le toit du donjon par une nuit de pleine lune. La princesse Faribole en fut toute ébaubie: elle n'avait jamais rien vu de si beau! Les écailles blanches de la dragonne étincelaient sous la faible lueur de la lune, et ses yeux brillaient d'un éclat magnifique. La princesse, contrairement à son habitude, en resta sans voix.

La princesse mit quelques instants à s'approcher de la dragonne: celle-ci était en effet presque aussi terrifiante qu'elle était belle. Mais une fois passés les premiers instants de crainte, le naturel joyeux et enthousiaste de la princesse repris le dessus et elle s'approcha de l'étrange créature. Curieusement, la dragonne semblait aussi timide que la princesse!

Elles passèrent la nuit à parler de mille choses, mais ce ne fut qu'au réveil que la dragonne souleva une question problématique: comment allaient régir les autres habitants du château à la vue d'un dragon entre leurs murs?

La question trouva une réponse bien plus rapidement que ce qu'elles imaginaient. En effet, à peine la dragonne eut-elle posé la question qu'un terrible rugissement se fit entendre. La princesse leva
et aperçut une créature si affreuse qu'elle ne put s'empêcher de trembler. Un dragon! Mais celui-ci n'avait rien à voir avec la dragonne qui était sur le donjon. Il était laid, ses écailles étaient irrégulières et rien dans son apparence n'inspirait la confiance. Mais la princesse Faribole n'eut pas le temps de réagir, car toutes les portes du château s'ouvrirent en même temps. Des cris terrifiés résonnaient autour d'elle: des dragons! Le château était envahi par des dragons!

Le dragon rouge qui venait d'arriver se sentit menacé par les cris qui fusaient de toutes parts, et devint de plus en plus menaçant. De la fumée commençait à sortir de ses naseaux. Encore un peu, et il allait cracher du feu!
La princesse se demandait comment arranger la situation lorsque la dragonne prit son envol et se posa juste devant le dragon rouge. Celui-ci s'arrêta net: il semblait ne plus pouvoir détacher ses yeux de la dragonne. Impossible! Il avait eu le coup de foudre!!!
La princesse Faribole n'en croyait pas ses yeux. Elle dirigea son regard vers la dragonne, et fut encore plus surprise: c'était apparemment réciproque!

Avant que les habitants de la cour puisse faire quoi que ce soit, les deux dragons déployèrent leurs ailes et s'envolèrent haut dans les airs.

Encore une fois, la princesse se retrouva toute seule. Mais cette fois, elle en fut presque soulagée. Elle n'aurait jamais imaginé qu'un dragon pouvait être aussi terrifiant. Ni aussi beau, d'ailleurs. Mais elle aperçut le roi qui regardait de son côté, et elle jugea plus prudent de se glisser sous sa couette avant qu'il ne la soupçonne d'être à l'origine du désordre...

Après de trop courtes heures de sommeil, la princesse se réveilla avec une seule idée en tête. Si les dragons avaient à ce point effrayé la population, c'est parce que les habitants de la cour n'avaient pas l'habitude d'en voir. Ce qu'il fallait, c'était...

Sure de sa décision, elle saisit un stylo et écrivit...

15 févr. 2009

Faribole: Chapitre 2 (suite et fin du chapitre)



La chambre au sommet du donjon fut métamorphosée: la poussière des ailes de fées donnait l'impression que tout était recouvert de paillettes roses et mordorées; le bruissement des ailes résonnait comme un froufrou de taffetas; le tintement de leur rire donnait l'impression d'un millier de clochettes...

Au début, la princesse Faribole était sous le charme: sa vie était devenue, littéralement, féérique... Elle vivait dans un véritable conte de fées.

Mais c'était bien ça, le problème. Tout était trop beau, trop rose et trop brillant. Les fées aimaient le calme et l'harmonie, ce qui laissait peu de place aux bêtises habituelles de la princesse. Et, peu à peu, elle se lassa des couleurs acidulées, des dînettes et de la cueillette de fleurs... Ses nouvelles amies ne courraient pas partout, n'intervertissaient pas le sel et le sucre pour embêter les cuisinières, et n'appréciaient pas particulièrement le rouge dont se coloraient les joues du roi lorsqu'il était en colère...

Progressivement, la princesse Faribole et les fées ne trouvèrent plus rien à se dire, et les fées prirent finalement la décision de rentrer chez elles...



Heureusement, la princesse Faribole n'avait pas retiré sa petite annonce du journal, et elle eut bientôt une nouvelle lettre.

Cette fois, il s'agissait de la Grenouille à Grande Bouche. La Grenouille à Grande Bouche était une grenouille très particulière: elle savait chanter, danser, et raconter des blagues. Aussitôt, la princesse répondit à son annonce.

Les premiers jours avec la Grenouille furent absolument fantastiques. La princesse et la Grenouille chantèrent, dansèrent, et échangèrent des histoires drôles à longueur de journée. Mais la Grenouille à Grande Bouche avait besoin de beaucoup d'attention. Elle aimait par dessus tout faire comme si elle était au cabaret et se faire applaudir par la princesse et les pauvres serviteurs qui avaient le malheur d'apporter à manger alors qu'elle était en représentation. En plus, elle racontait toujours les mêmes histoires.

Cette fois encore, la princesse Faribole se lassa.

Elle avait mal au mains à force d'applaudir et, même si elle n'aimait pas se l'avouer, elle en avait assez d'être confinée au rôle de spectatrice.

Mais il n'était pas si facile de se débarrasser de la Grenouille à Grande Bouche; elle avait un égo tellement grand qu'elle ne pouvait pas croire qu'elle n'était pas adulée...

Heureusement, la princesse Faribole avait une imagination fertile. Elle expliqua à la Grenouille à la Grande Bouche qu'elle avait beaucoup trop de talent pour rester à jouer les baby-sitters, qu'elle aurait tort de priver le monde de son talent et qu'elle ferait mieux d'aller s'installer à Paris.

La Grenouille fut flattée de ce compliment, et eut les larmes aux yeux en pensant au sacrifice qu'était prête à faire la princesse.

Elle fit ses valises et partit à la conquête du vaste monde en laissant la princesse Faribole guetter la boîte aux lettres.



Plusieurs jours passèrent sans que le facteur laisse une lettre pour la princesse, et celle-ci commençait à se demander si elle devait passer une nouvelle annonce, lorsqu'elle entendit toquer à sa porte.

Elle ouvrit, et ne vit rien. Elle se dit qu'elle avait dû rêver mais, dès qu'elle se rassis, de nouveaux coups se firent entendre. Elle se leva, et ouvrit la porte sur un couloir vide. Cela commençait à l'énerver, et elle décida de guetter derrière la porte, pour être prête à ouvrir en une seconde. Cette fois, elle pût ouvrir dès qu'elle entendit toquer: dans le couloir, il y avait... des lutins!

Toute une colonie de lutins, qui se mirent à sautiller de joie en voyant l'air ébahi de la princesse. Ils envahirent sa chambre en un clin d'œil, laissant l'un d'entre eux lui expliquer qu'ils avaient préféré venir directement plutôt que de renvoyer une lettre; les lutins étaient aussi impatients que la princesse, apparemment!

Un peu surprise, la princesse Faribole accepta cependant de les accueillir. Après tout, toquer à la porte et se cacher pour énerver les gens avait, il n'y avait pas si longtemps, fait partie de ses activités préférées! Et en effet, la compagnie des lutins se révéla très agréable. Ils pouvaient jouer des tours à tous les habitants de la cour, et la princesse s'amusait beaucoup. Mais comme le donjon où ils vivaient étaient très haut, les lutins se lassèrent vite de descendre et monter les escaliers. Ce qui ne les empêcha pas de chercher de nouvelles facéties. Cependant, les lutins se lassèrent vite de jeter des bombes remplies d'eau ou de farine sur les passants, qui avaient d'ailleurs pris l'habitude de prendre des chemins détournés.

Ils décidèrent donc d'embêter... la princesse! Et ce fut elle qui se retrouva avec des grenouilles dans son lit, du cirage à la place de son dentifrice et toutes ses manches cousues aux extrémités... Au début, cela l'amusa: ça lui donnait plein d'idées! Mais elle se lassa assez vite... C'était pénible, de devoir toujours vérifier ce qu'elle mettait sur sa brosse à dents ou ce qu'il y avait entre ses draps!

Un jour qu'ils avaient mis, pour la troisième fois, un seau d'eau en équilibre sur sa porte, elle finit par s'énerver très fort (elle devint du même rouge que le roi!) et mit tous les lutins dehors, au milieu de leurs éclats de rire.



Sa petite annonce n'avait décidément pas eu l'effet escompté! Elle devait absolument faire quelque chose pour changer ça!

Alors elle prit la plume pour écrire une nouvelle petite annonce...

14 févr. 2009

Faribole: Chapitre 2 (début)

PRINCESSE A COURS D'IDEES

CHERCHE AMI FANTASTIQUE

AVEC QUI S'AMUSER...





Pendant plusieurs semaines, la princesse Faribole guetta le courrier en vain. Elle attendait, postée près de la boîte aux lettres, mais aucune lettre ne lui était adressée... Le plus difficile était de ne pas jouer de tours au facteur pour se venger. Ce n'était pas parce qu'il n'y était pour rien si son annonce restait sans réponse, oh non, c'était juste que la princesse ne savait pas combien de temps il faudrait pour trouver un remplaçant au facteur s'il glissait sur un patin à roulettes... Et elle était pressée!



Au moment où la princesse allait abandonner toute espoir, elle reçut une lettre dans une énorme enveloppe bleue. Elle serra l'enveloppe dans ses bras, et résista à la tentation de l'ouvrir avant d'arriver tout en haut du donjon...

Dès qu'elle fut arrivée dans sa chambre, elle se précipita sur son coupe-papier et déchira l'enveloppe. A l'intérieur se trouvait une longue lettre sur un papier étrange, comme s'il était fait d'algues. La princesse Faribole lut avec attention sa toute première réponse.

La lettre venait d'une jeune sirène qui rêvait de passer du temps avec les humains. La princesse passa de longues heures à rêver à tout ce qu'elles allaient pouvoir faire toutes les deux: explorer les profondeurs du lac qui se trouvait au bout du domaine, se raconter des histoires, effrayer les pêcheurs qui cherchaient du poisson le long de la rivière... Elle allait répondre lorsqu'elle fut frappée d'un doute: où sa nouvelle amie pourrait-elle dormir? Elle ne trouverait jamais de baignoire assez grande (et quand bien même, elle ne trouverait jamais personne pour l'aider à remplir la baignoire en portant des litres d'eau jusqu'en haut des escaliers du donjon... et cette idée ne la réjouissait pas)... La sirène devrait dormir dans le lac ou la rivière... Cela allait réduire de moitié le temps qu'elles pourraient passer à faire des bêtises ensemble... Ce serait beaucoup moins amusant que ce qu'elle imaginait au départ...

Avec un soupir, elle repoussa le papier à lettres qu'elle avait sorti pour écrire sa réponse et se demanda comment dire à la sirène qu'elle n'était pas intéressée...



La princesse eut peur de ne pas avoir d'autres réponses, mais une nouvelle lettre arriva rapidement. « Chère princesse, je serais ravi de te rencontrer. Je m'entends très bien avec les jeunes filles d'habitude. Ma dernière amie partageait avec moi ses galettes et ses petits potes de beurre... On s'amusait bien: on se déguisait et on jouait à cache-cache tous les deux. Parfois, sa grand-mère jouait même avec nous! »

La princesse Faribole arrêta sa lecture pour regarder directement la signature. « Mr Wolf ». La princesse Faribole n'avait jamais prêté beaucoup d'attention à ses cours d'anglais, mais ce nom lui disait quelque chose... Le Grand Méchant Loup!!! Bien sûr! C'était un piège!

Elle frissonna en pensant à ce que ce loup lui voulait, et déchira la lettre.



La princesse commençait à désespérer, mais le lendemain, elle trouva dans sa boîte aux lettres un tout petit paquet, composé de feuilles d'arbre roulées autour d'un papier très fin, si fragile qu'il en était presque transparent. Son rythme cardiaque s'emballa; elle ne pouvait pas y croire... sûrement, ce n'était pas...de la part... des fées?

Elle écarta les feuilles aussi délicatement que lui permettait son impatience et lut la petite lettre qui se trouvait au milieu. Il s'agissait bien d'une réponse envoyée par les fées!

Pour la première fois, la princesse répondit. Des fées... ce serait merveilleux! Tout se décida très vite: au bout de quelques lettres, les fées décidèrent de venir passer quelques jours dans le donjon en compagnie de la princesse.

to be continued...

8 févr. 2009

les petites annonces de la princesse Faribole: Chapitre 1



Il était une fois, dans un lointain royaume, une tour très haute et très isolée.
Tout en haut de ce donjon vivait une princesse.

Oh, ne croyez pas que cette princesse était malheureuse! Il ne s'agit pas d'une de ces frêles jeunes filles enfermées là par une méchante marâtre jalouse de leur beauté, ni même d'une demoiselle à marier confinée dans une tour inaccessible pour préserver leur pureté...

Non, la situation de la princesse Faribole n'avait rien de commun avec ces terribles histoires!

La princesse Faribole était une adorable peste d'une douzaine d'années, qui faisait bêtise sur bêtise. Un jour, par exemple, elle avait, chose classique, glissé une grenouille dans les draps de sa gouvernante. La pauvre en avait fait une jaunisse!
Une autre fois encore, elle s'était caché dans un coin du château alors que le roi donnait une réception, et personne ne l'avait retrouvée à temps pour le repas. Elle était apparue au moment du dessert, décoiffée et débraillée, et avait tiré la langue au roi du royaume voisin! Le roi s'était fâché tout rouge, ce jour là!

Mais c'est un peu plus tard que tout bascula...
ce jour là, la princesse Faribole avait déversé de la lessive dans la plus grande fontaine de la cour du château. Le bassin avait moussé, moussé, moussé, et débordé jusque la salle du trône! Tout était recouvert de mousse, ce qui était très joli au départ, mais avait quelque peu perdu de son charme lorsque la mousse avait cédé place à de l'eau légèrement visqueuse...
Tout aurait pu se passer sans trop de dégâts (après tout, la cour avait l'habitude des bêtises de sa princesse) si, ce jour là, le roi n'avait reçu la visite du prince du Royaume D'a Côté...et toute sa cour...
En effet, les jeunes demoiselles du Royaume D'a Côté, qui avaient commencé par s'extasier sur les reflets du soleil jouant avec la mousse, avaient beaucoup moins apprécié la transformation des bulles en liquide... leurs jolies toilettes étaient tout abîmées! Et elles étaient toutes très fâchées...
Le roi s'était fâché encore plus rouge que d'habitude, mais la princesse Faribole était introuvable! Il était furieux, vraiment furieux!

En fait, la princesse s'était cachée derrière un rideau pour observer la scène. Elle s'était beaucoup amusée en voyant pester les demoiselles mouillées, puis avait entendu hurler le roi.
Penaude, elle était donc passée par les cuisines pour faire des réserves de pâtisseries et était montée très discrètement dans la plus haute tour du château, où elle avait installé sa cachette.
Elle était restée là pendant quelques jours pour éviter la colère du roi, qui avait mis longtemps à retrouver sa couleur habituelle.
Mais après quelques temps, même après que son père lui avait pardonné, elle décida de rester dans cette tour. Après tout, elle y avait amené ses livres, ses carnets de dessin, ses jouets en tous genres, et elle avait de quoi s'occuper.
De plus, cette tour était si haute que personne ne venait l'y déranger, et encore moins une personne qui aurait eu le souffle coupé par la colère après une nouvelle catastrophe provoquée par la princesse...

Elle passa ainsi des jours et des jours, à lire, dessiner, chanter à tue-tête et grignoter ses gâteaux qu'elle allait chercher en cuisine...
Mais après plusieurs mois, elle commença à s'ennuyer...
Elle avait relu tous ses livres, et elle manquait d'inspiration pour faire de nouveaux dessins...
Alors, elle eût une idée...
Elle prit un stylo, une feuille de papier, et rédigea sa première petite annonce...